Mesacosan : Le réseau du coaching et du bien-être
J’ai interviewé dernièrement Cyril De Sousa Cardoso, jeune entrepreneur de 25 ans et co-fondateur d’un site collaboratif du nom de Mesacosan. Je vous livre ici cet échange riche d’enseignements pour toutes celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la conduite et au développement de projet. Je remercie tout particulièrement Cyril pour sa gentillesse, sa disponibilité et son sérieux.
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Norbert : Bonjour Cyril, nous nous connaissons depuis peu grâce à un site collaboratif que tu as fondé avec quelques autres personnes, du très joli nom de Mesacosan.
Première question qui me brûle les lèvres, que signifie « Mesacosan » ?
Cyril : Mesacosan est la contraction de la formule latine Mens Sana In Corpore Sano, qui signifie littéralement « un esprit sain dans un corps sain ». Nous avons choisi ce nom car il exprime clairement la philosophie de notre projet.
Norbert : Peux-tu nous dire qui tu es, et comment tu es tombé dans la marmite « Mesacosan » ?
Cyril : Je m’appelle Cyril De Sousa Cardoso, j’ai 25 ans. Je suis née à Brest. J’ai réalisé la plus grande partie de mes études dans le domaine de l’informatique et de la statistique avant de les compléter par des études en marketing. Je vis aujourd’hui à Paris et si je suis tombé dans la marmite « Mesacosan » c’est avant tout par amour pour l’entreprenariat et l’aventure humaine. En fait j’ai toujours su que c’était ce que je ferais de ma vie. Mesacosan n’est que la suite logique de mon parcours et de ma personnalité.
Norbert : Tu fais donc parti des fondateurs de Mesacosan, peux-tu nous dire comment ce projet a vu le jour et quel a été ton rôle spécifique dans cette aventure ?
Cyril : Ce projet a vu le jour après de longues discussions avec ma petite sœur, Julie. Elle partage avec moi l’envie d’entreprendre depuis que nous sommes tout jeune et cela faisait longtemps que nous étions à la recherche d’un projet humain qui nous passionnerait et qui aurait pour ambition d’avoir un impact positif sur la vie des gens.
Ayant fait des études d’esthéticiennes complétées par des études en gestion d’entreprise elle a rapidement eu l’idée de créer un « super centre » du bien-être. L’idée était de réunir dans un même lieu physique l’ensemble des spécialités liées au bien-être.
Après étude du projet il s’est avéré que les investissements initiaux étaient trop élevés pour nous. Mais nous sommes restés sur cette idée qu’il fallait offrir aux personnes un lieu permettant d’aborder le bien-être dans sa globalité et dans toute sa complexité. En effet nous considérons que le bien-être d’une personne est le résultat de l’interaction de nombreux éléments, qui vont du sport à la détente, en passant par le développement personnel ou encore la diététique. Sachant de plus que ces éléments vont varier d’une personne à l’autre il fallait un endroit où chacun puisse s’exprimer et trouver des outils adaptés à sa personnalité.
C’est de là que nous est venu l’idée de créer un site de partage dédié à la recherche du bien-être. Notre objectif étant de faire du bien-être une réalité pour tous.
En tant que fondateurs, Julie et moi avons bien entendu été les premiers à concevoir et à imaginer ce projet avant de nous faire rejoindre et aider par ce qui constitue aujourd’hui l’équipe Mesacosan. Aujourd’hui Mesacosan est porté par de nombreuses personnes parmi lesquelles je soulignerais notamment l’importance de trois d’entre elles. Lauriane, notre gérante qui est aujourd’hui l’une des personnes les plus impliquées au quotidien. David, qui est en charge de la communication autour de Mesacosan et qui a toujours l’esprit en ébullition concernant les pistes d’améliorations de Mesacosan. Et enfin Aurélien, qui est notre excellent community manager et que vous pouvez lire chaque jour sur les comptes Twitter de Mesacosan. Je m’arrête là mais je pourrais nommer ainsi une à une chacune des 15 personnes qui ont pris part à ce projet.
Norbert : On dit souvent, au sujet des expériences de projet, que le soutient de l’entourage (famille, proches, amis…) est primordial (et pour ma part j’adhère complètement à cette idée) ; avez-vous, dans votre cas, été soutenus dès le départ ou après-coup ?
Cyril : Nous avons été pleinement soutenu dès le départ par l’ensemble de notre entourage et avec beaucoup plus d’énergie et d’envie que je n’aurais pu l’imaginer. Alors, bien entendu, on possède forcément un entourage qui nous ressemble, et aucun de nos proches n’était vraiment réticent à l’idée de l’entreprenariat, et ce même s’ils étaient, pour la plupart, novices en la matière.
Avoir le soutient de son entourage, tant moralement que financièrement est d’une importance primordiale selon moi. Je pense que nombre d’entrepreneurs font l’erreur de chercher des financements et des soutiens trop loin d’eux alors que la plus grande partie des ressources dont ils peuvent bénéficier se trouvent autour d’eux.
Bien sûr il y a des écueils à éviter et je pense, encore plus qu’avec des associés extérieurs, que tout doit être clair et mis sur papier avant de débuter un projet où se trouvent inclus amis et proches parents. Mais si la situation est claire, entreprendre de cette manière donne une autre dimension à son projet. Notre entourage nous soutien pleinement car ils sont de plus investis personnellement ou financièrement et notre envie de réussir ne s’en trouve que décuplée.
D’ailleurs cela me fait penser à une citation que j’ai récemment entendue dans le film Into the Wild. « Le bonheur ne vaut la peine d’être vécu que s’il est partagé ». Et bien je pense que cela correspond exactement à ma vision de l’entreprenariat.
Norbert : Quels conseils pourraient tu donner à celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans une aventure similaire ?
Cyril : Je ne sais pas si j’ai l’expérience suffisante pour pouvoir conseiller qui que ce soit. Ce que je dis est donc à prendre avec des pincettes. Mais j’aurais juste envie de leur dire « lancez vous ! ». Je vais dire un truisme, mais on n’avance pas si on reste sur place. Se lancer s’est se donner la chance d’avoir des opportunités, de devenir visible, mais c’est avant tout se donner la chance de réussir. Je pense que l’on a, par notre éducation, trop peur de se tromper ou de faire des erreurs, voir d’échouer. Mais je pense qu’au contraire on devrait valoriser les échecs et les erreurs. Des erreurs j’en ai fait et je vais en refaire. Mais à chaque fois je me dis que c’est de l’expérience de gagnée, que j’ai progressé, que je m’améliore. Je pense en fait que c’est le point commun de toutes les personnes qui ont réussies, un jour, elles se sont trompées. Par contre avoir peur de l’échec et se bloquer dans l’immobilisme n’est pas une solution. Tout comme attendre « LE » moment pour se lancer. Ce moment là ne vient jamais.
Et comme le dit si bien Johann Wolfgang von Goethe « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »
Norbert : Combien de bougies votre site a-t-il soufflé ?
Cyril : Et bien pas encore une seule, puisque notre site va fêter fin juillet ses 5 mois d’existence. Mais je vous rassure nous allons souffler notre première bougie en 2012 et bien d’autres suivront.
Norbert : A qui s’adresse Mesacosan ?
Cyril : J’ai envie de répondre à tout le monde. Le bien-être, le mieux-être, l’envie de progresser, d’évoluer ou tout simplement de se sentir bien concerne tout le monde.
Cependant Mesacosan ne s’adresse pas à tout le monde de la même manière. D’un côté les professionnels du bien-être ont la possibilité de gagner en visibilité grâce à Mesacosan. Notre objectif est réellement de mettre à disposition de ces professionnels (et les pays francophones regorgent de professionnels compétents en la matière) des outils permettant de développer leur activité. Aujourd’hui ils ont la possibilité d’écrire des articles, de créer des groupes de discussion, d’annoncer leurs événements, de développer leur réseau ou encore d’apparaître dans notre annuaire et tout cela de manière gratuite. Mais nous n’allons pas en rester là. De nombreuses améliorations vont arriver d’ici la fin de l’année et surtout en 2012 afin d’aller encore plus loin en améliorant l’existant et en proposant des fonctionnalités innovantes.
De l’autre côté nous avons les particuliers, dont je fais partie d’ailleurs. Non professionnel du bien-être. Mesacosan leur offre à eux aussi l’opportunité de publier des contenus, de se créer un réseau, mais surtout d’échanger avec des professionnels et d’accéder à une base importante d’informations gratuites. Mais là encore nous n’allons pas en rester là. Nous voulons aider chacun à trouver les outils qui lui correspondent. A trouver ce dont il a besoin pour un mieux-être et les prochaines améliorations de Mesacosan (dont la plupart sont déjà en préparation) vont aussi les concerner.
On pourrait compléter ces deux grands ensembles avec les entreprises ou associations du secteur du bien-être, qui peuvent elles aussi développer leur visibilité et leur activité sur Mesacosan.
Norbert : Pourrais-tu nous donner Ta définition de « projet » ?
Cyril : J’associe ce terme à aventure et relations humaines. Pour moi un « projet » est forcément quelque chose de collectif. Je dirais donc qu’un projet est une aventure humaine, réalisées par des personnes en relation, qui possèdent l’envie d’avancer ensemble et qui se sont données un objectif commun.
Norbert : Quelles sont, d’après toi, les qualités nécessaires à un « porteur de projet » ?
Cyril : Je pense que les qualités d’un « porteur de projet » peuvent varier d’une personne à une autre sans problème. Il n’y a pas un seul profil type qui permette de réussir. Mais il y a par contre deux qualités qu’il vaut mieux avoir selon moi. La première est la faculté à s’entourer des bonnes personnes. Cette faculté permet justement de compléter ses propres qualités par celles qui nous manquent. La seconde faculté primordiale selon moi est la passion. On ne peut pas se lancer dans un projet et affronter l’ensemble des problèmes qui vont forcément se présenter si l’on n’est pas passionné par ce que l’on fait. Si ce que l’on fait ne nous donne pas l’énergie de nous lever chaque matin avec envie et plaisir.
Je dirais donc « capacité à s’entourer » et « passion ».
Norbert : Qu’est-ce qu’une expérience de projet réussie selon toi ?
Cyril : La réponse dépend du point de vue que l’on adopte. D’un point de vue global et extérieur, un projet réussi est un projet qui a atteint les objectifs qu’il s’était fixé ou qui les a dépassés. Tout le reste ce sont des projets ratés. Par contre les considérations sont différentes si l’on se place du point de vue des porteurs de projet. Un projet réussi est un projet qui a permis à ses participants d’en ressortir grandi, meilleurs et c’est là que la notion d’échecs n’est du coup plus valable, ou en tout cas moins. La question se place du point de vue de l’individu et de son expérience. Si celui-ci pense avoir progressé, s’être enrichi, même si le projet n’a pas atteint ses objectifs, pour l’individu c’est un projet réussi. Tout cela nous ramène à mes propos précédents, et je me permets de me répéter, mais selon moi il ne faut pas avoir peur de l’échec. C’est pour moi la première condition pour pouvoir réussir.
Norbert : Cyril De Sousa Cardoso, merci et longue vie à Mesacosan.
Je partage ce point de vue sur la notion de l’échec. Nous ne sommes pas né avec le gêne de la réussite. Il faut cultiver cette envie d’avancer. L’échec n’est pas un drame en soit, si, et seulement si, nous savons en tirer les leçons. A savoir, pourquoi je me suis planté, qu’est ce qui n’ pas fonctionné, pourquoi, comment…
Tout ceci implique d’avoir également ce recul sur soit, cette auto-critique, sans la quelle rien n’est possible.
Entièrement d’accord avec toi, c’est d’ailleurs un des deux points principaux, concernant une démarche de coaching, présenté en page d’accueil de ce site :
« 2) la prise de risque d’une relation de confiance sans artifices, ni préjugés, en acceptant d’apprendre de nos succès tout autant que de nos échecs. »
Norbert