Faut-il éduquer le web ?

Question d’entrepreneur n°3 posée à 4h18

La question est de savoir ce qu’est le web ? Ce sont des ordinateurs reliés entre eux par des câbles. Point.  Alors, est-ce le web qui doit être éduqué ou la personne qui se trouve derrière l’écran ? J’aurais plutôt tendance à pencher pour la seconde solution.

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Remarque, éduquer un ordinateur, ça ne serait pas plus compliqué, voire même plus simple !

La liberté ? Pour en faire quoi ?

La plupart des internautes prônent la liberté de la toile. Qu’en font-ils ? Des arnaques, des escroqueries vieilles comme le monde, des insultes sous couvert d’anonymat, et j’en passe. Se dire que c’est ainsi dans la vraie vie, c’est à mon sens, un manque d’intelligence de la nature Humaine. Elle s’en va reproduire ailleurs les mêmes erreurs, encore et toujours. Regarde la crise de 29 aux USA, et regarde la gueule de l’économie mondiale. Regarde d’ou venait la crise en 29, et d’où vient celle qui nous touche. Des banques et des crédits. En presque 100 ans, qu’avons nous appris de nos erreurs ? Rien.

L’internaute est pressé, le blogueur veut la gloire, ou l’argent, tout de suite, vite ! De fait, certains internautes pensent qu’il suffit de rejoindre une personne comme Aurelien Amacker ou Olivier Rolland pour gagner des milliers d’euros.

Ces deux personnes te promettent que l’on peut gagner de l’argent facilement sur la toile. Je t’invite à lire leurs PDF, qui sont présentés comme des outils redoutables pour gagner sa vie avec un site internet. Je me demande combien d’années il me faudra avant de gagner un centime si j’applique leurs méthodes.

D’ailleurs, je me demande encore quelles sont leurs méthodes. Car en fait, à bien lire, ce ne sont que deux compilations de petites choses très basiques que l’on peut trouver sur n’importe quel site. Tu saupoudres tout cela de quelques mots et photos qui font rêver, et voilà, tu as…. tu as… bah, pas grand chose. Mais tout est présenté de telle sorte que tu penses tenir là LA recette du succès.

Tout ceci n’est autre qu’un appel d’air pour leur produit payant, et une ode au narcissisme de nos vendeurs. Car se sont de très bons vendeurs. De très mauvais formateurs (cet avis critique de leur talent supposé n’engage que moi), mais de très bons vendeurs. Je pense que si demain je voulais vendre un bon produit, je les engagerais ! De tels commerciaux, c’est redoutable. En revanche, pour une conférence sérieuse touchant aux métiers de la toile, je crois que je me passerais de leurs services.

Croire en soi, pas en l’autre.

Le plus dramatique, ce sont les internautes qui tombent dans ces panneaux et se lancent en répétant sottement un schéma prôné par leurs gourous, non, pardon, leurs mentors comme aiment à se définir nos deux personnages (ils ne sont pas les seuls). Il est vrai que mentor est plus sain que gourou, qui fait référence aux sectes.

D’ailleurs, une des premières choses qui revient à la lecture des PDF qu’ils fournissent, c’est l’impératif de trouver un mentor, un guide, une personne à suivre, coute que coute. De la sorte, l’internaute est tout de suite placé en situation d’infériorité, de dépendance. Au lieu d’être responsabilisé face à son projet, l’internaute est placé sous tutelle. A chaque question, il devra sans doute débourser une certaine somme pour recevoir une nouvelle «formation».

L’internaute sous tutelle.

Un de ces exemples est le dernier article publié par «Kategriss», qui au demeurant peut être une personne charmante, avec des valeurs humaines. Néanmoins, Norbert, si tu prends le temps de lire son site avec attention, tu y relèveras une série d’incohérences, parfois amusantes, parfois grossières. Son dernier article relève d’une méconnaissance assez profonde du métier d’entrepreneur.

On ne peut pas d’un côté se définir comme expert en bloging dans un article, pour ensuite faire marche arrière, se dire débutante, pour enfin chercher de l’aide dans les publications de son mentor. Cet état de fait démontre que cette personne cherche encore un positionnement, une voie, et que dans son esprit, tout n’est pas clair.

D’un côté, elle lit que se faire du fric, en soit, c’est pas compliqué, mais de l’autre, elle se trouve confrontée à la réalité du terrain, bien plus compliquée. Pour exemple : elle donne des conseils en SEO. Soit. Mais elle affiche des statistiques avec 200 visiteurs uniques par jour. Dans le cas précis, elle n’est, à mon sens, pas crédible. Il en va de même pour des conseils plus techniques sur WordPress (logiciel de création de blog). Dans certains cas, j’ai soulevé ses erreurs, et apporté la solution. Elle n’a pas jugé utile de corriger l’article. Je trouve cela grave dans l’attitude, l’approche de son «métier» (bloguer n’est pas encore un métier reconnu).

Enfin, venir expliquer que pour être expert, il suffit d’en savoir un peu plus que le voisin ou la belle sœur, citer le site l’Internaute pour définir le mot Expert, là, on sombre définitivement dans le ridicule. A ce propos, cette façon de définir l’expert en se positionnant par rapport au voisin, ou à celui qui n’y connait rien, j’ai l’ai aussi lu dans les PDF d’Aurélien Amacker et Olivier Rolland. Troublante coïncidence.

Le plus terrible dans tout cela, c’est qu’elle est persuadée d’être sur la bonne voie, celle de la réussite, que son blog va devenir pérenne. Quand je lis les commentaires au bas de ses publications, je vois que la plupart des gens viennent du même milieu, partage cette volonté de monétiser un site. On tourne en vase clos. Très clos. Et tu ne peux pas vraiment avoir un débat.

Je pourrais te citer une liste longue comme le bras de ces techniques gagne petit que tu retrouves un peu partout sur les sites dont les propriétaires lisent ou ont lu les préceptes de web marketeur à la sauce américaine importés en France.

Si l’idée d’apporter une formation marketing au grand public peut être bonne, il faut encore étudier le marché, et avoir une connaissance profonde de ce dernier. Avec nos personnages, nous sommes dans une émission de télé réalité de mauvais goût.

On peut voir le résultat sur la toile. Des sites qui t’invite tout de suite à t’inscrire à la super newsletter, qui est un PDF, puis la compilation des derniers articles du site. Quoi de neuf ? Rien. Mais on te promet que tu vas trouver plein de trucs et astuces, pour gagner ta vie en voyageant, ou en bloguant, on va te proposer de changer de vie en te refilant les meilleurs conseils coaching, et ainsi de suite. C’est ce que j’appel un appauvrissement. Et donc, ces gens suivent une formation ?

Quelle est la valeur réelle de ces formations ? Combien d’internautes gagnent aujourd’hui convenablement leurs vies avec les produits vendus par Aurelien Amacker ou Olivier Rolland ? Ces dernier vont afficher 90% (ou plus) de taux de satisfaction. Soit. Mais là n’est pas question. Leur argument de vente est quelque chose comme la promesse d’un argent facilement gagné pour changer de vie. Je me demande aujourd’hui quel est le pourcentage de personnes ayant atteint cet objectif énoncé clairement par les deux vendeurs précités.

Éduquer ou réguler ?

On le voit, le net à besoin non pas d’être éduqué, mais régulé, à minima. On ne peut pas laisser faire tout et n’importe quoi sous prétexte de liberté, surtout quand on voit ce qui en est fait. Ce type de pratique est une injure à l’esprit de la Toile, son sens du partage. La cupidité, l’avidité, le narcissisme sont des plaies, des verrues qui empêchent le net de respirer convenablement.

La liberté, ce n’est pas reprendre de fausses idées dans le but avoué de se faire de l’oseille. Le net se doit de tirer l’Homme vers le haut.

En prenant les pratiques prônées par Messieurs Amacker et Rolland, quel avenir peut-on imaginer pour la Toile ? Des blogueurs débutants qui vont nous expliquer comment bloguer pour gagner des milliers d’euros, quand ils en gagnent 10, des blogueurs qui vont te parler de gagner de l’argent avec ton site pour partir en voyage, eux qui n’ont jamais vu plus loin que le bout de leur rue ?

J’en aurais presque plus de respect pour les hackers, dont les actions peuvent parfois s’avérer utiles, en terme de Libertés, en terme de sécurité informatique, de débats soulevés, d’éthique. Avec des hackers, il est possible de pouvoir dialoguer, ces gens sont imprégnés d’une culture de la toile, de son histoire, de ses rouages. Attention, je ne fais pas l’éloge du piratage, mais grâce à eux, certains modèles économiques bougent, demandez donc aux Majors de l’industrie du disque et du cinéma ce qu’ils en pensent.

Réponse proposée par Stéphane Briot, retrouvez-le ici sur son site pour tout savoir sur le blogging avec Word Press.

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  1. La Gazette | Faut-il éduquer le web ? | Norbert Macia . Coach - Blogging, Inclassable - 4 août 2011

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