Motivation & Réalisation de soi -1-

La motivation. Il semble que ce soit fondamental dans le monde du travail ou pour atteindre des objectifs plus personnels mais il faut aussi savoir de quoi on parle. Ce terme se donne t-il vraiment à comprendre si facilement ? Il y a t-il une ou plusieurs définitions de « motivation » ? Les synonymes, eux, ne manquent pas.

Comment se fait-il, par exemple, que tant de personnes aient des difficultés à perdre du poids ou arrêter de fumer ?  Pourquoi les régimes alimentaires fonctionnent le plus souvent en yo-yo ou ne fonctionnent pas du tout ? Pourquoi les méthodes d’organisation et de gestion du temps et des priorités ont une durée de vie généralement proche de celle d’un papillon ?

En matière de motivation, il y a la motivation qui nous vient de l’extérieur sous forme de conseils ou d’injonctions (commandements), mais avec tout de même l’étiquette « motivation » : « soyez le meilleur ! », « soyez zen ! », à vos marques, prêts, « maigrissez » !!!

Puis, il y a le sens qu’ont les démarches et les projets que l’on réalise qui, eux, génèrent de l’énergie et de la motivation (presque contagieuse) lorsque l’on est bien « en phase » avec eux. Cette motivation là est en nous parce que certains objectifs nous animent plus que d’autres.

Et vous remarquerez que lorsque cela vient de l’extérieur et que nous n’avons pas pris le temps de la réflexion pour savoir et comprendre pourquoi telle ou telle autre proposition deviendrait nôtre (serait notre désir et non plus celui des autres ou celui du « On »), le plus souvent elles sont tôt ou tard rejetées comme des implants loupés.

Si vous cherchez à perdre du poids ou à être motivé parce qu’on vous l’a dit (tv, conseils, magazines…), sans comprendre pourquoi ce serait important pour vous et pour votre vie, (après tout, vous pouvez très bien ne pas avoir envie d’être motivé ou de maigrir, c’est tout à fait respectable), vous serez très rapidement démotivé et prendrez à nouveau du poids.

Pire : vous culpabilisez et ce sera alors le début d’un cercle très vicieux car vous chercherez à nouveau d’autres méthodes ou recettes miracle [depuis l’extérieur]. Ce n’est certainement pas un hasard  si l’industrie des produits amincissants se porte bien : c’est bien parce qu’il y a des personnes -à faire mincir- qui ce sont  préalablement « frottées » à l’industrie de la « mal-bouffe ». Je peux me tromper mais il me semble que cela se tient (…).

Qu’est-ce qui ferait alors qu’une motivation serait durable et constante, serait réellement notre motivation, notre désir et pas celui des autres ?

Pas de recettes miraculeuses mais quelques pistes de réflexion :

1)    Pour avoir une petite chance de changer, il faut généralement avoir conscience de nos insatisfactions. Il est donc important de savoir ce qui nous empêche d’être complètement satisfaits dans notre vie.

 2)    Une fois ces insatisfactions identifiées, il est peut-être intéressant de se demander si ce sont de vrais manques ou simplement de petites frustrations passagères, qui refont surface de temps à autres, avec lesquelles on pourra quand même « faire avec »…

 Si vous faites « avec », c’est que vous n’avez pas -au fond de vous- le désir de changer. Vous avez plutôt l’envie de « faire avec ».  Vous vous accommodez de …

 3)    Continuez, progressivement, à vous questionner de la sorte jusqu’à arriver à ce qui est essentiel pour vous.

 4)    Pensez que nous n’avons (jusqu’à preuve du contraire) qu’une seule vie, qu’elle est relativement courte, et que le temps dont nous disposons est compté. Il « devrait » précisément être utilisé de la meilleure façon pour nous et les autres.

 5)    Nous et les autres : voyez-vous un peu mieux à présent le sens de la motivation ou pensez-vous toujours que nous n’avons pas besoin du regard des autres pour nous réaliser ?

 Pour pouvoir porter avec enthousiasme et ferveur un projet, une idée… il faut faire la part entre l’accessoire (ce qui est « gadget ») et l’essentiel (ce qui est important).

Essayez donc de rajouter de l’eau à un verre déjà plein …

Pour être motivé dans un projet, il est important d’avoir des motifs clairs et authentiques. Cela, en soit, n’est jamais facile, demande beaucoup « d’espace disponible sur le disque dur », beaucoup de ressources, et ça ne fait généralement pas bon ménage avec le fait de se disperser, se répandre comme un verre trop plein ou avoir des vrais faux motifs afin de ne pas se réaliser.

Il semblerait que le terme de « motivation » apparaisse au XXème siècle (dans les années 30) et serait immanquablement rattaché au monde du travail. Travailler c’est, depuis assez longtemps maintenant, l’idée d’obtenir un salaire, avoir de l’argent, avoir en somme les moyens matériels de sa propre subsistance. C’est-à-dire pouvoir entretenir sa demeure, son monde. Cela semble normal et acquis pour une bonne majorité de personnes. C’est, en effet, normalisé et celles et ceux qui n’ont pas de travail sont généralement aujourd’hui regardés avec méfiance, soupçon, quand ce n’est pas de la malveillance.

Il semblerait que seule la crise économique mondiale que nous traversons actuellement arrive quelque peu à adoucir les regards sur les sans-emplois, car celle-ci transporte, sous sa « longue traîne », l’idée inavouable que cet état de fait « sans emploi » pourrait peut-être un jour devenir la norme …

Le « fait social total » cher à Marcel Mauss serait-il en cours de réalisation ?

 La motivation pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes d’aujourd’hui c’est trouver du travail, simplement, n’importe quoi ou presque, et non se réaliser. Je pense en particulier à l’Espagne, que je visite régulièrement, où j’ai pu prendre cette année la pleine mesure de la réalité d’un mouvement de repli et de protectionnisme à l’œuvre. On passe de la réalisation de soi à la préservation de soi, parfois au détriment de soi ou des autres.

Travailler est un devoir, se réaliser est un droit. Comment alors résoudre le problème ?

Première observation : l’homme est souvent, lorsqu’il le subit pleinement, le produit de son environnement.

Deuxième observation : l’homme a cette capacité singulière, qui le caractérise, à se projeter dans l’avenir et idéaliser. C’est aussi sa plus grande source de souffrance.

Nous savons de par notre conscience et capacité d’imagination que demain peut être pire qu’aujourd’hui, et qu’après demain nous allons mourir. Nous savons également que nous aspirons à certains états de plaisir, de satisfaction, de reconnaissance, d’éternité, nous sommes capables de nous identifier à d’autres ayant déjà atteint des états semblables. Nous pouvons prendre des modèles et nous identifier à eux.

Et la motivation dans tout ça ? J’y reviendrai bien entendu, mais d’ores et déjà on peut dire qu’elle a à voir avec le monde matériel et contingent, le monde des idées et des projections,  les autres et leurs désirs, leurs peurs, leurs fantasmes et soi même. Soi dans la plus stricte et profonde singularité. C’est-à-dire ce qui fait que nous sommes uniques dans notre rapport à nous-mêmes et aux autres ; tout aussi bien qu’identiques et semblables aux autres dans bien d’autres rapports à nous-mêmes.

En fonction des personnes, la motivation peut être en rapport avec un idéal (ou des idéaux), des valeurs, des devoirs et des obligations, des droits, des sentiments, des désirs et des envies, des besoins, des croyances… mais sera toujours le résultat d’une subjectivité en connexion permanente avec un monde objectivé.

Il convient alors peut-être de commencer par là : de quelle subjectivité notre motivation serait-elle le substrat ? Autrement formulé : comment être motivé sans vraiment se connaître ?

Motivation & Réalisation de soi -2-

Tags : , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Trackbacks/Pingbacks

  1. Motivation & Réalisation de soi -1- | CookingPlanet - 1 septembre 2011

    [...] Motivation & Réalisation de soi -1- [...]

Commenter cet article