Motivation & Réalisation de soi
Mobiliser l’énergie, c’est faire appel à une force en action. La mobilisation des énergies dans une équipe ou dans la réalisation d’une tâche dépend, en grande partie, de la capacité des individus à « se mettre en mouvement », des croyances partagées entre les acteurs en jeu, ainsi que du niveau d’appropriation du projet par les différentes parties.
Il est donc question de faire appel à « un système » ou « un ensemble de réactions capable de modifier un état » : tout processus de changement meut et se meut par une force en action qui est son énergie.
Faut-il être motivé pour se réaliser ou bien être dans la réalisation pour se motiver ?
Pourquoi accordons-nous tant d’importance à la notion de confort et sommes-nous dans le même temps si réticents à l’effort ?
L’effort est une des chose les plus authentiques et vérifiables depuis notre naissance jusqu’à notre mort. Naître demande un effort. Mourir aussi (certainement l’effort de renoncer à la vie, aller à l’encontre de son propre instinct) mais je ne peux -à ce jour – et à ma plus grande joie en savoir davantage sur le sujet…
Effort & Confort
Croire pouvoir réaliser certaines choses, y compris difficiles, demande des efforts importants, voire titanesques, avant même le passage à l’action. Je parle là de faire l’effort de croire que telle ou telle chose est réalisable, plutôt que de l’envisager comme une tâche insurmontable, et sortir ainsi d’une « habitude de confort ».
Croire [tenir une chose pour vrai] est un désir moteur de réalisation et générateur d’auto-organisation.
Lorsque j’étais coach sportif, il m’arrivait de donner quelques conseils à des personnes en excès de poids. Je leur expliquais ainsi que les moments de « fringale », tant redoutés, étaient les meilleurs alliés de la perte de poids. En effet, une des problématiques de la perte de poids consiste dans le fait que le corps devient, de part une augmentation de la surcharge pondérale, de plus en plus dépendant à sa propre sécrétion d’insuline. Activant ainsi le cercle vicieux de la perte d’énergie et des difficultés face à l’effort : moins de résistance à l’insuline = moins envie de faire des efforts = plus de difficultés à bouger son corps = plus de sédentarité = moins de résistance à l’insuline…
La motivation en était alors directement affectée, et, dans ce cas comme dans d’autres situations, le modèle de Kotter propre au management en entreprise était opérant : générer des petites réussites (victoires faciles) qui, mises bout à bout, génèreront la Réussite. Step by step disent les anglo-saxons.
Le changement n’est pas le confort
« Le changement est le passage d’un état à un autre ».
Dans un précédent article sur le thème de la motivation et la réalisation de soi, je concluais sur la question suivante : « Il convient alors peut-être de commencer par là : de quelle subjectivité notre motivation serait-elle le substrat ? (…) ».
Autrement formulé : Qu’est-ce qui fait de chacun de nous, comme sujet unique, des supports à nos envies, nos désirs, notre motivation ?
Dans l’idée de changement se loge peut-être un intérêt, une curiosité, pour la recherche de réponses, d’affirmations, de négations, mais aussi, et avant tout, de nouvelles questions; et c’est, je crois, ce qui est le plus important dans le changement : la motivation pour le changement est un processus, non une finalité, qui s’enrichit de par lui même dès lors qu’il n’est pas à l’arrêt.
Ainsi, Alfred Korzybski (fondateur de la sémantique générale), nous parle en ces termes de ce qui produit l’efficacité dans une logique systémique ou scientifique : « Pour l’efficacité, les hypothèses sous-tendant un système doivent être : (1) découvertes, (2) testées, (3) éventuellement contestées, (4) éventuellement rejetées, et (5), il faut construire un système débarrassé des postulats qui pourraient avoir été mis en cause. »
Ce qui précède n’est pas, à mon sens, sans rapport avec le changement dès lors qu’il s’agit de motivation et réalisation de soi, puisque ce qui motive intrinsèquement est une recherche d’effets, de résultats (y compris par étapes), d’efficace.
Ce qui précède n’est pas, à mon sens, non plus sans rapport avec le changement puisqu’il y est aussi question d’y être au présent, entre passé et futur. Tout est peut-être alors affaire de dispositions ? Nous y reviendrons prochainement.
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